Le plan de remédiation : la matrice gravité × effort
Hiérarchiser les corrections quand tout ne peut pas être fait en même temps.
Cette page fait partie de La mise en conformité RGAA.
Corriger dans l’ordre du rapport est la pire méthode
Un premier audit remonte souvent plusieurs dizaines de non-conformités, listées dans l’ordre des thématiques du référentiel — donc en commençant par les images. Suivre cet ordre revient à consommer le budget sur des points mineurs pendant que le formulaire d’inscription reste inutilisable.
Deux axes suffisent
La gravité pour l’utilisateur
Pas la gravité au sens du référentiel : la gravité d’usage. Une non-conformité bloquante empêche d’aller au bout d’une tâche. Une non-conformité gênante la rend pénible. Une non-conformité mineure dégrade le confort.
Un champ sans étiquette dans un tunnel de commande est bloquant. Une alternative textuelle imparfaite sur une image d’illustration est mineure. Les deux comptent pour un critère chacune dans le calcul du taux.
L’effort de correction
Mesuré en charge réelle, en tenant compte du fait qu’une correction dans un composant partagé se fait une fois pour toutes ses occurrences. C’est pourquoi le relevé doit compter les problèmes, pas les occurrences.
Les quatre quadrants, et l’ordre de traitement
| Quadrant | Traitement |
|---|---|
| Forte gravité, faible effort | Immédiatement. Toujours plus fourni qu’on ne le croit : un libellé de lien à réécrire, un attribut de langue à poser, un contraste à ajuster de deux crans. |
| Forte gravité, fort effort | Planifié, budgété, daté. C’est ce qui alimente le schéma pluriannuel et justifie un calendrier auprès d’un contrôleur. |
| Faible gravité, faible effort | Au fil de l’eau, dans les livraisons courantes. |
| Faible gravité, fort effort | En dernier, ou à l’occasion d’une refonte du composant concerné. C’est le quadrant candidat à la dérogation pour charge disproportionnée — qui se justifie, elle aussi. |
Corriger par gravité d’usage ne fait pas monter le taux au rythme le plus rapide : une correction lourde et une correction triviale valent chacune un critère. Si l’objectif est d’atteindre un seuil déclaratif à une date donnée, il faut arbitrer explicitement entre les deux logiques — et le dire, plutôt que de laisser croire qu’elles coïncident.
Ce que le plan doit contenir
- une entrée par non-conformité, avec son nombre d’occurrences ;
- le quadrant et la charge estimée ;
- le responsable — développement, design, ou contribution éditoriale ;
- la date d’engagement ;
- la vérification prévue, et par qui.
Sans date ni responsable, un plan de remédiation est un inventaire. Les dates tenues pèsent d’ailleurs sur la modulation d’une éventuelle sanction, qui tient compte de la durée du manquement.