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ARIA : la première règle est de ne pas s’en servir

Cette page fait partie de L'accessibilité numérique.

À quoi ça sert

ARIA est un jeu d’attributs qui permet de décrire aux technologies d’assistance le rôle, l’état et les propriétés d’un composant que le HTML natif ne sait pas exprimer.

Point capital : ARIA ne change rien au comportement. Il ne rend pas un élément focalisable, il ne le rend pas activable au clavier, il ne déclenche aucune action. Il ne fait que renseigner ce qui est annoncé.

La première règle d’ARIA

La première règle d’ARIA est de ne pas s’en servir. Si un élément HTML natif fait l’affaire, il faut l’utiliser : il apporte gratuitement le rôle, le focus, l’activation au clavier et la restitution correcte dans tous les lecteurs d’écran.

Un <button> fait ce qu’un <div role="button" tabindex="0"> tente de réimplémenter — et il le fait sans bug, sans maintenance, et partout.

Pourquoi un mauvais ARIA est pire que pas d’ARIA

Un rôle ARIA écrase la sémantique native. Écrire role="button" sur un lien fait annoncer « bouton » alors que la touche d’activation attendue n’est pas la même. L’utilisateur reçoit une information fausse, et agit en conséquence.

De même, un aria-label posé sur un élément qui contient déjà du texte visible remplace ce texte dans la restitution : la personne qui utilise la commande vocale prononce ce qu’elle voit, et rien ne se passe.

Les cas où ARIA est justifié

Les quatre fautes les plus fréquentes

  1. Un rôle redondantrole="button" sur un <button>. Inutile, et signe d’une incompréhension.
  2. Un état jamais mis à jour. Un panneau qui reste annoncé « fermé » après ouverture est pire qu’un panneau sans état.
  3. aria-hidden sur un élément focalisable : il disparaît de la restitution mais reste dans l’ordre de tabulation. Le focus se pose sur du vide.
  4. Un aria-label qui contredit le texte visible.

La règle pratique

Avant d’ajouter un attribut ARIA, se demander quel élément natif on est en train de réinventer. Dans la grande majorité des cas, la réponse existe — et la meilleure correction d’accessibilité consiste alors à supprimer du code, pas à en ajouter.