Le handicap cognitif, parent pauvre de l’accessibilité
Cette page fait partie de L'accessibilité numérique.
Le public le plus large, le moins servi
Troubles de l’attention, de la mémoire, dyslexie, dyspraxie, déficience intellectuelle, séquelles de traumatisme, vieillissement, mais aussi fatigue, stress et surcharge : le champ est vaste, et il recoupe à un moment ou à un autre la plupart des utilisateurs.
C’est pourtant le domaine que les référentiels couvrent le moins bien — parce qu’il se prête mal à des critères binaires. On peut vérifier mécaniquement qu’une image a une alternative ; on ne peut pas vérifier mécaniquement qu’une page est compréhensible.
Ce que le RGAA couvre malgré tout
Plusieurs critères servent directement ce public, sans porter son nom :
- des intitulés de liens explicites hors contexte ;
- des messages d’erreur qui disent quoi corriger, et comment ;
- l’absence de limite de temps non contrôlable ;
- un comportement prévisible : rien ne change au seul focus ou à la seule saisie ;
- la maîtrise des animations et des contenus en mouvement ;
- une navigation cohérente d’une page à l’autre.
Les traiter est obligatoire, et c’est déjà une bonne part du bénéfice.
Ce qui aide, au-delà des critères
- Une idée par paragraphe, annoncée par un titre explicite. Le lecteur doit pouvoir décider de sauter la section sans la lire.
- Un vocabulaire stable. La variation synonymique, valorisée en rédaction, oblige ici à un effort supplémentaire : si c’est le même objet, c’est le même mot.
- Des étapes, pas un mur. Un formulaire long découpé en étapes courtes, avec une indication de progression.
- La possibilité de revenir en arrière sans tout perdre.
- Pas de surprise. Un bouton qui déclenche une action irréversible l’annonce.
- Moins de choix simultanés. Une page qui propose vingt chemins n’en propose aucun.
Faites lire votre page à quelqu’un qui ne connaît pas le sujet, et demandez-lui de reformuler ce qu’il doit faire. Si la reformulation hésite, ce n’est pas le lecteur qui est en cause.
Le FALC, et ses limites
Le facile à lire et à comprendre est la démarche la plus aboutie sur ce terrain, avec validation par des personnes concernées. Il ne figure pas dans les 106 critères : c’est une démarche volontaire, distincte de l’obligation.
Entre ne rien faire et produire une version FALC complète, il existe un espace large et rentable : appliquer les principes de rédaction claire au contenu principal. Cela n’appauvrit pas un texte professionnel — cela l’améliore.