Ce que les tests RGAA en ligne détectent vraiment
Cette page fait partie de Les outils d'audit RGAA.
Ce qu’ils sont
On saisit une adresse, on obtient un score en quelques secondes. Ces services exécutent un moteur d’analyse automatique sur une page — parfois quelques-unes — et mettent le résultat en forme.
Ils sont utiles. Le problème n’est pas l’outil : c’est ce qu’on lui fait dire.
Ce qu’ils détectent réellement
- les attributs manquants — images sans alternative, champs sans étiquette ;
- les contrastes calculables sur du texte simple ;
- les identifiants dupliqués et une partie des erreurs de balisage ;
- les sauts de niveau dans la hiérarchie des titres ;
- l’absence de langue déclarée ou de titre de page.
C’est réel, c’est utile, et cela se trouve en quelques secondes. Aucune raison de s’en priver au démarrage.
Les quatre écarts avec un audit
- La couverture. Une fraction du référentiel seulement. Aucune pertinence n’est jugée : une alternative absurde passe, un lien « cliquez ici » satisfait le critère d’intitulé.
- Le périmètre. Une page, rarement plus. Un audit porte sur un échantillon constitué selon la méthode : pages obligatoires, représentatives, processus complets, documents, et tirage aléatoire.
- Le calcul. Le score est propre à l’outil. Le taux RGAA est un rapport entre critères validés et critères applicables, consolidé par critère sur toutes les pages. Un critère tombe dès qu’une seule page le met en défaut — un scanner ne peut pas appliquer cette règle sur une page unique.
- Les états. Un test en ligne voit la page au repos. Ni les messages d’erreur d’un formulaire, ni les fenêtres modales, ni les espaces connectés.
Plusieurs offres commerciales présentent le score d’un diagnostic gratuit comme un taux de conformité. Ce n’en est pas un. Le reprendre dans votre déclaration revient à déclarer un chiffre que vous ne pouvez pas justifier — et au sens du RGAA, l’absence de résultat d’audit valide équivaut déjà à un état non conforme.
Vous ajouteriez alors une fausse déclaration à une non-conformité.
Le bon usage
Comme déclencheur : un score médiocre ouvre une discussion interne plus efficacement qu’un long argumentaire. Comme indicateur d’ordre de grandeur avant de cadrer un budget. Et comme surveillance légère entre deux audits.
Pour déclarer, il faut un audit conduit selon la méthode — voir la méthode d’audit et l’audit rapide, qui en est la version courte honnête.