Les surcouches d'accessibilité et pourquoi elles ne suffisent pas
Cette page fait partie de La mise en conformité RGAA.
Ce que c’est
Une surcouche — overlay — est un script tiers que l’on ajoute à un site, généralement en une ligne, et qui promet de le rendre accessible sans toucher au code existant. Elle ajoute le plus souvent un bouton ouvrant un panneau de réglages : contraste, taille du texte, police adaptée, guide de lecture.
Ce qu’elles font réellement
Deux choses distinctes, qu’il faut séparer pour juger honnêtement.
Un panneau de préférences visuelles. Il fonctionne, mais il duplique des réglages que le système d’exploitation et le navigateur proposent déjà — et mieux, car ils s’appliquent à tous les sites. Un utilisateur qui a besoin d’un fort contraste l’a déjà réglé une fois pour toutes.
Des corrections automatiques du code, injectées à l’exécution : rôles ARIA devinés, alternatives d’images générées, libellés reconstitués. C’est là que le problème se situe.
Pourquoi les corrections automatiques ne suffisent pas
- Elles devinent. Aucun script ne sait si une image est décorative ou porteuse d’information, ni ce que « Cliquez ici » désigne. Une alternative générée automatiquement est une alternative inventée.
- Elles arrivent après coup. Le contenu est réécrit une fois la page chargée — parfois après que la technologie d’assistance a déjà construit sa représentation.
- Elles peuvent aggraver. Un rôle ARIA posé à tort masque la sémantique native correcte. Un ARIA mal posé est pire que pas d’ARIA.
- Elles ne touchent pas au fond. Un tunnel de commande impraticable au clavier le reste. Une vidéo sans sous-titres aussi.
- Elles dépendent du JavaScript. Script bloqué ou en échec, il ne reste que le site d’origine, non corrigé.
Une déclaration d’accessibilité repose sur un audit du site, mené sur les 106 critères. Une surcouche ne produit pas de résultat d’audit, et le taux de conformité se calcule sur le site tel qu’il est livré. Aucune surcouche ne permet de déclarer une conformité.
Une organisation qui a installé une surcouche et rien d’autre est, au sens du RGAA, non conforme — et sans résultat d’audit valide, ce qui est précisément le pire des trois états.
Le cas où elles ont du sens
En complément, pas en remplacement : après un audit et des corrections, un panneau de préférences peut rendre service à des utilisateurs qui ne maîtrisent pas les réglages de leur système. À condition que le panneau lui-même soit accessible — ce qui n’est pas toujours le cas.
Il ne doit alors jamais être présenté comme une mise en conformité, ni figurer dans la déclaration comme moyen de conformité.
La question à poser à un fournisseur
« Votre solution permet-elle de déclarer un taux de conformité RGAA, et sur quel résultat d’audit ? » Une réponse évasive vaut réponse.