Audit RGAA pour une université
Établissement public : concerné sans seuil. Et un périmètre parmi les plus éclatés qui soient — le site institutionnel n’en est que la vitrine.
Un périmètre éclaté
Peu d’organisations exploitent autant de services numériques distincts, et aussi peu centralisés :
- le site institutionnel, et ceux de chaque composante ou laboratoire ;
- l’environnement numérique de travail ;
- la plateforme pédagogique et ses espaces de cours ;
- les services de scolarité, d’inscription et de candidature ;
- la bibliothèque et ses ressources documentaires ;
- les applications mobiles et les écrans d’information des campus ;
- les supports de cours déposés par les enseignants — le volume le plus important, et le moins maîtrisé.
Des milliers de documents déposés chaque semestre par des centaines d’enseignants : diaporamas non balisés, PDF scannés, vidéos sans sous-titres, formules en images. Aucun audit ne viendra à bout de ce volume, et aucune campagne de correction non plus.
La seule approche qui tienne est en amont : gabarits de diaporama et de document accessibles par défaut, consignes de dépôt, et accompagnement des enseignants. C’est un chantier de formation, pas de correction.
L’enjeu propre à l’enseignement supérieur
Les étudiants en situation de handicap sont accompagnés par un service dédié, mais l’accompagnement humain a ses limites : il ne peut pas retranscrire en temps réel chaque support déposé la veille d’un cours. L’accessibilité des documents n’est pas un confort, c’est la condition de l’autonomie — et de l’égalité de traitement aux examens.
Les points techniques sensibles
- La plateforme pédagogique : navigation dans les espaces de cours, dépôt de devoirs, tests en ligne — souvent avec limite de temps.
- Les tests et examens en ligne, qui relèvent du critère sur la récupération des données saisies, et dont la limite de temps doit pouvoir être aménagée.
- Les contenus scientifiques : formules mathématiques en images, schémas sans alternative, tableaux de résultats non balisés.
- Les sites de laboratoires, produits en marge de la direction du numérique et rarement dans le périmètre déclaré.
Par où commencer
- Inventorier — la première difficulté est de savoir combien de sites existent réellement.
- Auditer l’ENT et la plateforme pédagogique avant le site institutionnel : ce sont eux que les étudiants utilisent tous les jours.
- Fournir des gabarits accessibles aux enseignants, et les former — voir la formation des contributeurs.
- Inscrire l’exigence dans les marchés de renouvellement des plateformes. Voir les marchés publics.
- Publier déclaration et schéma pluriannuel, obligatoires.