Lexique de l’accessibilité numérique
66 termes, définis en deux phrases. 27 d’entre eux renvoient vers la page qui les traite au fond.
Le vocabulaire de l’accessibilité mélange des noms de textes, de normes, de méthodes, d’attributs et d’outils, que l’on confond aisément. Cette page sert à trancher vite ; les pages liées servent à comprendre.
A
- A11y
-
Abréviation d’« accessibility » : un a, onze lettres, un y. Un raccourci de spécialistes, à bannir d’une page destinée à un client — personne ne cherche « a11y » quand il cherche à se mettre en conformité.
- Accessibilité numérique
-
La propriété d’un service en ligne d’être utilisable par les personnes handicapées, de façon autonome et dans des conditions équivalentes aux autres utilisateurs.
- Accordéon
-
Un panneau dépliable. Il doit être commandé par un bouton natif, annoncer son état ouvert ou fermé, et le mettre à jour à chaque bascule. Un accordéon dont l’état ne change jamais est pire qu’un accordéon sans état.
- Alternative textuelle
-
Le texte qui remplace une image pour qui ne la voit pas. Elle porte l’information de l’image, pas sa description : le nom du fichier n’en est jamais une, et une image décorative reçoit une alternative vide.
- Arcom
-
L’autorité chargée du contrôle des obligations d’accessibilité numérique depuis l’ordonnance du 6 septembre 2023. Elle peut prononcer jusqu’à 50 000 € par service en ligne.
- ARIA
-
Un jeu d’attributs qui décrit aux technologies d’assistance le rôle, l’état et les propriétés d’un composant que le HTML natif ne sait pas exprimer. Il ne change aucun comportement : il renseigne ce qui est annoncé, rien de plus.
- aria-current
-
Signale l’élément courant dans un ensemble — la page active d’un menu, l’étape en cours d’un tunnel. Il évite de faire porter cette information par la seule couleur.
- aria-describedby
-
Rattache à un élément un texte qui le décrit : une aide à la saisie, un message d’erreur. Le texte est restitué après le nom du champ, en complément et non en remplacement.
- aria-expanded
-
Indique si le contenu commandé par un bouton est déployé ou replié. Sa valeur doit changer à chaque bascule — une valeur figée renseigne faux.
-
Retire un élément de la restitution aux technologies d’assistance. À ne jamais poser sur un élément focalisable : il disparaîtrait de la parole tout en restant dans l’ordre de tabulation, et le focus se poserait sur du vide.
- aria-label
-
Donne un nom accessible à un élément qui n’a pas de texte visible — une icône seule. Quand du texte visible existe, le nom accessible doit le contenir, faute de quoi la commande vocale ne fonctionne plus.
- aria-labelledby
-
Donne un nom accessible en pointant vers un texte déjà présent dans la page. Préférable à aria-label quand ce texte existe : il ne peut pas diverger de ce qui est affiché.
- aria-live
-
Déclare une zone dont les changements doivent être annoncés sans déplacer le focus. La zone doit exister dans la page avant le message : l’insérer en même temps ne produit aucune annonce.
- Audiodescription
-
La description, dans les silences de la bande-son, de ce que l’image montre et que le son ne dit pas. Nécessaire seulement si l’image porte une information absente du commentaire.
- Audit RGAA
-
L’évaluation d’un service sur les 106 critères du référentiel, menée sur un échantillon constitué selon une méthode fixée, et produisant un taux de conformité.
- Autocomplete
-
Attribut qui déclare la finalité d’un champ — nom, courriel, code postal — pour permettre le remplissage automatique. C’est un critère du référentiel, et un gain de conversion.
B
- Bouton ou lien
-
Un lien mène ailleurs, un bouton déclenche une action. La confusion se paie au clavier : les deux ne s’activent pas avec les mêmes touches, et l’annonce induit l’utilisateur en erreur.
- Bouton vide
-
Un bouton sans texte ni nom accessible — typiquement une icône seule. Il est annoncé « bouton », sans plus, et devient indevinable.
C
- Cadre
-
Un document embarqué dans un autre, par un élément iframe. Il doit porter un titre qui en décrit le contenu, faute de quoi l’utilisateur ne sait pas ce qu’il vient d’atteindre.
- CAPTCHA
-
Un test destiné à distinguer un humain d’un robot. Le référentiel exige qu’il porte une alternative textuelle décrivant sa nature, et surtout qu’une solution d’accès alternative existe.
- Carrousel
-
Un diaporama défilant. Trois exigences le rendent acceptable : un contrôle d’arrêt, des commandes atteignables au clavier, et l’annonce des changements de contenu. Peu de carrousels réunissent les trois.
- Cas particulier
-
Une exception prévue par le référentiel lui-même pour un critère donné. S’en réclamer suppose de pouvoir le démontrer — ce n’est pas une échappatoire générale.
- Changement de contexte
-
Toute modification majeure survenant sans action explicite : ouverture de fenêtre, soumission automatique, déplacement du focus. L’utilisateur doit en être averti ou en avoir le contrôle.
- Composant d’interface
-
Tout élément avec lequel on interagit : bouton, champ, case à cocher, onglet. Leurs couleurs doivent atteindre 3:1, au même titre que les éléments graphiques porteurs d’information.
- Contenu caché
-
Un contenu retiré de l’affichage. La question du référentiel n’est pas de savoir s’il est caché, mais s’il a vocation à être ignoré : un texte hors écran destiné aux lecteurs d’écran est légitime, un display:none sur une information ne l’est pas.
- Contraste (ratio de)
-
Le rapport entre la luminance relative de deux couleurs, de 1:1 à 21:1. Seuils exigés : 4,5:1 pour le texte courant, 3:1 pour les composants d’interface. Il se calcule, il ne s’estime pas à l’œil.
- Contre-audit
-
La vérification, après corrections, que les non-conformités sont levées et qu’aucune n’a été introduite. Il porte sur le même échantillon que l’audit initial, sinon les deux taux ne sont pas comparables.
- Critère
-
Une des 106 questions du référentiel, à laquelle on répond par conforme, non conforme ou non applicable. Chaque critère se décompose en tests.
D
- Déclaration d’accessibilité
-
Le document public qui énonce l’état de conformité d’un service : mention, taux, date, auteur de l’audit, contenus non accessibles et voies de recours. Son absence est un manquement autonome.
- Dérogation
-
La reconnaissance qu’un contenu relève de l’obligation mais que sa mise en accessibilité représenterait une charge disproportionnée. Elle se justifie, s’accompagne d’une alternative, et ne sort pas le critère du calcul du taux.
E
- EN 301 549
-
La norme européenne d’accessibilité des produits et services numériques. Elle reprend les critères de succès des WCAG et les étend au-delà du web : logiciels, documents, matériel, bornes.
- European Accessibility Act
-
Directive européenne 2019/882, applicable depuis le 28 juin 2025. Elle raisonne en nature de service vendu au consommateur, non en taille d’entreprise : le seuil français de 250 M€ n’y est pour rien.
F
- FALC
-
Facile à lire et à comprendre. Une méthode de rédaction destinée d’abord aux personnes en situation de handicap intellectuel, dont les textes sont validés par des personnes concernées. Ne figure pas dans les 106 critères.
- Fenêtre modale
-
Une boîte qui prend la main sur la page. Elle doit recevoir le focus à l’ouverture, le retenir tant qu’elle est ouverte, se fermer à la touche d’échappement, et rendre le focus à l’élément qui l’a déclenchée.
- Fil d’Ariane
-
Le chemin de la page courante dans l’arborescence. Il relève d’un critère de navigation, sert l’orientation, et produit un effet de bord en référencement.
- Focus
-
L’élément qui recevra la prochaine frappe clavier. Sa visibilité est un critère : supprimer le contour sans le remplacer rend la navigation au clavier impraticable.
I
- Intitulé de lien
-
Le texte d’un lien, tel qu’il est restitué. Deux critères distincts s’y appliquent : il doit exister, et il doit être explicite. « Cliquez ici » satisfait le premier et échoue au second.
L
- Lecteur d’écran
-
Un logiciel qui restitue une page en parole ou en braille, linéairement, dans l’ordre du code. NVDA, JAWS, VoiceOver, TalkBack. C’est le seul outil qui dise ce que l’utilisateur entend réellement.
- Lien d’évitement
-
Le lien qui permet d’atteindre directement le contenu principal sans traverser la navigation. Il doit être le premier élément focalisable de la page, et sa cible doit pouvoir recevoir le focus.
- Lien vide
-
Un lien sans intitulé restitué — souvent un lien contenant une seule image sans alternative. Il est annoncé par son adresse, ou par rien.
M
- Message de statut
-
Une information de retour qui n’interrompt pas l’utilisateur : résultats filtrés, ajout au panier, confirmation. Elle doit être annoncée sans que le focus se déplace.
N
-
Le parcours de la page à la seule touche de tabulation. Le test le plus rapide et le plus révélateur : il met au jour le focus invisible, l’ordre incohérent et les pièges.
- Non applicable
-
L’un des trois statuts d’un critère. Il le sort du calcul du taux, et il se démontre : un site sans vidéo rend la thématique multimédia non applicable.
- Non-conformité
-
Un critère mis en défaut. Elle se compte par problème et non par occurrence : le même bouton fautif sur douze pages est une non-conformité à douze occurrences.
O
- Opquast
-
Une certification de compétences en qualité web, dont l’accessibilité n’est qu’une part. Elle qualifie une personne, jamais un site, et ne prépare pas à conduire un audit RGAA.
- Ordre de tabulation
-
L’ordre dans lequel les éléments reçoivent le focus. Il doit suivre l’ordre de lecture. Un tabindex positif crée un ordre parallèle qui finit toujours par diverger.
P
- Page obligatoire
-
Une page qui entre toujours dans l’échantillon d’audit : accueil, contact, mentions légales, accessibilité, plan du site, aide, authentification.
- Piège au clavier
-
Un composant dont on ne peut plus sortir à la tabulation — fenêtre modale, carrousel, bandeau de consentement. Ce n’est pas une gêne : c’est un blocage du site entier.
- Placeholder
-
Le texte d’exemple affiché dans un champ vide. Ce n’est pas une étiquette : il disparaît à la saisie, son contraste est souvent insuffisant, et il n’est pas restitué de façon fiable.
R
- RAWeb
-
Le référentiel d’accessibilité web du Luxembourg, dérivé du RGAA 4.1.2. Ce n’est pas le successeur français du RGAA — la confusion circule, et elle décrédibilise qui la reprend.
- Reflow
-
La capacité d’une page à se réagencer sans imposer de défilement horizontal à 320 pixels de large. C’est le critère des WCAG 2.1 qui met le plus de sites anciens en défaut.
- RGAA
-
Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. La méthode française officielle pour vérifier qu’un service numérique est accessible : 106 critères, 13 thématiques, trois statuts, un taux.
- RGESN
-
Le référentiel général d’écoconception de services numériques, publié par la même administration que le RGAA. Deux référentiels distincts, dont plusieurs exigences se recoupent — sobriété du code, poids des pages.
S
- Schéma pluriannuel
-
Document public engageant une trajectoire de mise en accessibilité sur trois ans. Obligatoire pour le secteur public, il se décline en plans annuels d’actions. À ne pas confondre avec la déclaration.
- Scope
-
L’attribut qui déclare la direction d’une cellule d’en-tête de tableau — colonne ou ligne. Sans lui, les cellules sont annoncées sans leurs axes, et le tableau perd son sens.
- Sous-titres
-
La retranscription synchronisée des paroles et des sons porteurs de sens d’une vidéo, avec identification des locuteurs. Les sous-titres générés automatiquement sont un point de départ à relire, jamais un livrable.
- Surcouche d’accessibilité
-
Un script tiers qui promet de rendre un site accessible sans toucher au code. Elle ne produit aucun résultat d’audit, et ne permet donc pas de déclarer une conformité.
T
- Taux de conformité
-
Critères validés divisés par critères applicables. Avec une règle qui surprend : un critère n’est validé que s’il l’est sur toutes les pages de l’échantillon.
- Technologie d’assistance
-
Tout dispositif qui permet d’utiliser un service malgré un handicap : lecteur d’écran, plage braille, commande vocale, contacteur, pointage oculaire, loupe logicielle.
- Test
-
La vérification concrète qui permet de statuer sur un critère. Le RGAA 4.1 en compte 258, répartis sur ses 106 critères. Un critère n’est validé que si tous ses tests le sont.
- Thématique
-
L’un des 13 regroupements de critères du référentiel : images, cadres, couleurs, multimédia, tableaux, liens, scripts, éléments obligatoires, structuration, présentation, formulaires, navigation, consultation.
- Transcription
-
Le texte complet d’un contenu audio ou vidéo, publié à côté de lui. Le dispositif le moins coûteux et le plus universellement utile — il sert aussi l’indexation.
W
- WCAG
-
Web Content Accessibility Guidelines, publiées par le W3C. Elles énoncent les critères de succès ; le RGAA dit comment les vérifier. Viser le RGAA, c’est viser le niveau AA des WCAG.
Z
- Zone de regroupement
-
Une région identifiable de la page — en-tête, navigation, contenu principal, pied de page. Elles permettent d’atteindre ou d’éviter un bloc sans le parcourir entièrement.
- Zoom texte
-
L’agrandissement de la taille des caractères, jusqu’à 200 % au moins, sans perte de contenu ni de fonctionnalité. Distinct du zoom de la page, et plus exigeant pour la mise en page.
É
- Échantillon
-
L’ensemble des pages sur lesquelles porte un audit. Sa composition est imposée : pages obligatoires, pages représentatives, processus complets, documents, et au moins 10 % de pages tirées au hasard.
Trois confusions qui reviennent tout le temps
- RGAA et WCAG ne sont pas concurrents. Les WCAG énoncent la règle, le RGAA dit comment la mesurer.
- Le RAWeb n’est pas le RGAA 5. C’est le référentiel luxembourgeois. Le RGAA 5 est la version française attendue fin 2026.
- La déclaration n’est pas le schéma pluriannuel. L’une constate un état à une date, l’autre engage une trajectoire sur trois ans.
Si vous cherchez lequel de ces textes s’applique à votre situation, l’arbre de décision est sur quel référentiel appliquer.